Renaud

Publié le par Nenulea



  Je suis complètement fan de ce que Renaud a fait quand il était jeune (beaucoup moins de ce qu'il a fait plus récemment...)

  Quand j'étais petite, mon père avait enregistré quatre vinyles de Renaud sur cassettes, et chaque fois qu'on partait en voyage, je les écoutais en boucle sur mon walkman... Du coup je connais toutes les musiques de ces quatre albums par coeur, et il y en a certaines qui sont vraiment cultes, par exemple :

  - Un chat qui miaule
"J'suis un vaurien, oui je le sais bien, mais tout d'même jamais, je n'aurais fait c'qui m'mène ici, sans ce chat maudit "

"Un chat qui miaule, c'est comme symbole, de la mort qui frôle la peau. Quand c'chat s'est tu, j'étais d'venu soudain assassin."


  - La java sans joie
"Moi j'aime bien chanter la racaille, la mauvaise herbe des bas quartiers, les mauvais garçons, la canaille, ceux qui sont nés sur le pavé. J'ai bien du mal à les chanter tell'ment qu'elles sont tristes mes histoires. Mais celle que j'vais vous raconter, elle fait même pleurer ma guitare."

"Il buta son premier larron alors qu'il avait pas vingt ans, le crime c'était sa vocation, l'arnaque c'était son tempérament."

"Quand il a eu un peu trop d'sang sur ses doigts couverts de bijoux, ils l'ont ficelé sur du bois blanc et ils lui ont tranché le cou."


  - Laisse béton
"La morale de cette pauvre histoire, c'est qu'quand t'es tranquille et peinard, faut pas trop traîner dans les bars, à moins d'être fringuer en costard. Quand à la fin d'une chanson tu t'retrouves à poil sans tes bottes, faut avoir d'l'imagination pour trouver une chute rigolote."


  - Adieu minette
"Sous tes cheveux beaucoup trop blonds, décolorés, ça va de soi, t'avais une cervelle de pigeon. Mais j'aimais ça, mais j'aimais ça."

"J'avais la tignasse en bataille, et les yeux délavés. Je t'ai culbutée dans la paille, t'as pris ton pieds"

"Ton père j'l'ai traité d'enfoiré, excuse-moi auprès de lui : si j'avais su que c'était vrai, j'y aurais redit"

"Maintenant j'ai plus envie d'causer, tu dois déjà avoir compris, qu'on n'est pas né du même côté d'la bourgeoisie, d'la bourgeoisie"


  - La bande à Lucien
"Ça fait quand même vach'ment plaisir, de t'retrouver mon pote Lucien, j'parie que t'es encore sans un, et qu't'as toujours ton blouson d'cuir. T'as pas changé depuis 68, à c't'époque on s'fendait la gueule. Aujourd'hui t'as l'air un peu seul, allez viens on va s'prendre une cuite"

"Tu sais j'ai une idée super, on va former une nouvelle bande, si tu veux c'est toi qui commande. Siou plait patron encore une bière"


  - Marche à l'ombre
"C'est vrai que j'suis épais comme un sandwich SNCF, et que d'main j'peux tomber sur un balaise qui m'casse la tête. Si ce mec-là me fait la peau, et que j'crève la gueule sur l'comptoir. Si la mort me paye l'apéro d'un air vicelard, avant qu'elle m'emmène voir là-haut si y a du monde dans les bistrots.
J'lui dirai : Toi tu m'fous les glandes, pis t'as rien à foutre dans mon monde, arrache-toi d'là t'es pas d'ma bande, casse-toi tu pues, et marche à l'ombre !"


  - Les aventures de Gérard Lambert
"Quatorze Avril 77, dans la banlieue où qui fait nuit, la petite route est déserte, Gérard Lambert rentre chez lui, dans le lointain les mobylettes poussent des cris... Ça y'est j'ai planté le décor, créé l'climat de ma chanson, ça sent la peur, ça pue la mort, j'aime bien c't'ambiance, pas vous? ah bon..."

"A c' moment là, un mec arrive, un p'tit loubard aux cheveux blonds, et qui lui dit comme, dans les livres :  S'te plaît dessine-moi un mouton, une femme à poil ou un calibre, un cran d'arrêt, une mobylette, tout c' que tu veux mon pote t'es libre, mais dessine-moi quequ' chose de chouette!"

"Alors d'un coup d' clé à molette, bien placé entre les deux yeux, Gérard Lambert éclate la tête du Petit Prince de mes deux! Faut pas gonfler Gérard Lambert quand y répare sa mobylette, c'est la morale de ma chanson. Moi j' la trouve chouette, pas vous ? ah bon..."


  - La teigne
"L'avait pas fêté ses vingt berges, quand une nuit de novembre, on l'a r'trouvé raide comme un cierge, pendu au beau milieu d' sa chambre."

"Avant d' passer sur l'autr' berge, y m'avait dit personne ne m'aime, j' suis qu'une pauv' teigne."

"Mais moi qui l'ai connu un peu, quand parfois j'y repense, putain c' qu'il était malheureux, putain c' qu'y cachait comme souffrance, sous la pâle blondeur de sa frange, dans ses yeux tristes, dans sa dégaine. Mais j' suis sûr qu'au ciel c'est un ange, et quand j' pense à lui mon cœur saigne. Adieu la teigne..."


  - Baston
"Y rêvait d'une famille qu'y faudrait pas subir, des parents qui s'raient pas des flics ou des curés. Pour pas d'venir comme eux y voudrait pas vieillir, et pour jamais vieillir y sait qu'y doit crever !"

"Alors ce soir aux baloches, avec son manche de pioche, il ira aux bastons, aux bastons, comme le prolo va au charbon, il ira aux bastons, aux bastons, fil'ra des coups, prendra des gnons, c'est p' t'être con, mais tout est con."


  Ca raconte des histoires, drôles ou tristes, mais toujours avec des textes poignants et mordants. J'adore !

 
Publicité

Publié dans Musiques

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
N
Moi aussi j'aime beaucoup Renaud. Son grain de voix et ses textes engagés et directs
Répondre